L’abeille mellifère (Apis mellifera L.) également appelée abeille « domestique » est l’abeille la plus connue. Elle existe depuis environ 6 millions d’années et a été domestiquée par l’homme pour sa production importante de miel. L’abeille mellifère est naturellement présente dans toute l’Europe, l’Afrique ainsi qu’au Moyen-Orient, mais aujourd’hui on la retrouve aussi en Amérique, en Asie, et en Australie, du fait des importations par les hommes.
Il existe plusieurs sous-espèces, ou « races », d’abeilles mellifères, qui se différencient selon leur comportement, leur morphologie et leur patrimoine génétique. Elles se sont adaptées aux exigences et aux spécificités locales de l’environnement. On distingue aujourd’hui une vingtaine de sous-espèces réparties dans le monde.
La sous-espèce naturellement présente en France est Apis mellifera mellifera, communément appelée abeille noire. Elle est endémique de l’Ouest et du Nord de l’Europe (voir aire de répartition sur la carte ci-contre). La population qui nous intéresse particulièrement est celle présente dans les Landes de Gascogne. En effet, il existe ce que l’on nomme des « écotypes » : ce sont des populations qui se sont adaptées spécifiquement à un milieu retrouvé localement. C’est justement le cas de l’abeille noire des Landes de Gascogne. Cette population a notamment adapté son rythme biologique à la floraison tardive des végétaux de la lande, comme par exemple celle de la bruyère callune (Calluna vulgaris).


L’abeille noire est cependant menacée de disparaître, dû aux importations d’abeilles mellifères allochtones par des apiculteurs en France. Le croisement des abeilles entre elles vient appauvrir la génétique spécifique à l’abeille noire, et influe sur sa capacité d’adaptation.
Face à ce constat, préserver l’abeille noire est devenu un réel enjeu. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place des zones de conservation dédiées uniquement à cette abeille endémique, où les risques d’hybridation avec d’autres sous-espèces sont limités. Selon la charte établie par la FedCAN (Fédération pour la Conservation de l’Abeille Noire), une zone de conservation doit comporter : une zone cœur de 3 km de rayon (exempte de tout autre rucher qui ne serait pas en abeille noire) et une zone tampon de 7 km de rayon supplémentaire.
Le Conservatoire des Races d’Aquitaine a suivi ces recommandations pour créer une zone de conservation en faveur de l’abeille noire des Landes de Gascogne sur la commune de Biscarrosse (40), avec l’implantation de plusieurs ruchers conservatoires. Cela a été possible grâce à la mise en place de partenariats avec différents acteurs du territoire, comme l’Office National des Forêts (ONF) ou encore la ville de Biscarrosse. Aujourd’hui, les missions du Conservatoire consiste à : réaliser un suivi technique et sanitaire des colonies, mettre en sécurité des souches identifiées sur l’ensemble de la région, multiplier et diversifier des origines génétiques d’abeilles noires.
La mise en place d’une structure de conservation et de valorisation de l’abeille noire des Landes de Gascogne sur le territoire Landes Nature Côte d’Argent est un projet soutenu par le programme européen LEADER. Les partenaires techniques et financiers de ce projet sont :










































































































































































































































